Les conseils de Claire et Olivier du blog Cyclo-Topo pour un voyage à vélo

Claire et Olivier sont deux jeunes cyclovoyageurs d’expérience. Ce couple a notamment parcouru la Vélodyssée en 2018 (entre Pessac et Hendaye) et suivi l’itinéraire de l’Eurovélo 11 d’Athènes en Grêce jusqu’à Tallinn en Estonie en 2019. Je tenais vraiment à les remercier d’avoir pris du temps pour nous partager leur expérience.

Arrivée en Hongrie

1– Commençons par votre premier voyage à vélo en 2018 sur l’itinéraire de la Vélodyssée :

– Comment avez-vous choisi cet itinéraire et évalué la durée de votre voyage ?

Pour être honnête, ce premier voyage s’est décidé de manière un peu précipitée, c’était le début de notre relation. Nous avions une semaine de vacances, nous avons sauté sur l’occasion pour tester une nouvelle manière de voyager. Nous cherchions un parcours accessible, avec peu de dénivelé, et si possible sur site propre. L’itinéraire devait également se trouver à proximité de Toulouse puisque c’est dans cette ville que nous effectuons nos études. La Vélodyssée remplissait ces critères, avec en prime la proximité de l’océan.

sur la piste cyclable de la Vélodyssée, dans les Landes

– Quelles questions vous posiez-vous avant de partir ? Que recommanderiez-vous à des novices de la cyclorandonnée ? – Quels sportifs ou même cyclistes étiez-vous avant de partir ?

Nous nous demandions comment il serait possible d’accorder nos rythmes. En effet, Olivier est né en Haute-Savoie dans une famille sportive, il a toujours fait du VTT et du vélo de route. Pour Claire, le vélo était plutôt une découverte, deux ans auparavant. Finalement, nous avancions au même rythme, Claire était même devant dans les montées !

Nous recommandons aux novices de ne pas trop « se prendre la tête » sur l’équipement. Il existe des dizaines de manières de voyager différentes, et ce n’est qu’en voyageant que l’on peut savoir ce dont on a besoin réellement. Acheter tout le matériel d’un coup peut être très onéreux et sembler peu pertinent. Finalement on s’adapte très vite et pour un premier petit voyage il n’y a besoin que d’un minimum d’affaires (voir article sur le matériel de leur blog).

2- Vous avez ensuite continué cette même année, par une échappée entre Munich et Venise :

– Le parcours a dû être bien différent par rapport à l’Ouest français ? (relief, climat…), comment avez-vous appréhendé ces changements ?

Effectivement, entre le littoral Atlantique et les montagnes des Alpes, il y a de sacrés changements ! Sur le Munich-Venise nous avons eu 7000m de D+ pour 750 km et de beaux cols à gravir.

Heureusement que nous avions déjà l’expérience de la Vélodyssée ! Cela nous a permis de partir plus léger, avec un bien meilleur équipement. Par exemple, la Vélodyssée avait convaincu Olivier de troquer sa vieille remorque contre des sacoches, beaucoup plus légères et maniables.

Italie

Cette expérience nous a permis de mieux nous connaître, et particulièrement lors des moments délicats : Claire s’était ouvert le genou une semaine avant de partir. Ses 9 points de suture n’ont pas été de tout repos et il a parfois été difficiles de gérer la fatigue… Bien heureusement les paysages magnifiques des Alpes nous ont quand même bien récompensés et nous ont fait oublier ces durs moments.

3- Et enfin le grand saut en 2019, 4500 km parcourus entre Athènes et Tallinn via l’EuroVelo 11 en 2mois et demi :

– Quelle a été votre(vos) tranche(s) de parcours préférée(s) ?

Nous avons particulièrement apprécié rouler en Grèce et dans les pays Baltes. Ce sont pourtant deux secteurs géographiques opposés sur la carte !

En Grèce, nous avons aimé le dépaysement, les montagnes, les cols, les champs d’oliviers, les petits cafés dans chaque village … Les habitants étaient aussi très avenants et sympathiques. Beaucoup nous ont encouragés alors que nous roulions sur l’asphalte par plus de 40°c l’après-midi.

En ce qui concerne les pays baltes, c’est-à-dire la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, nous avons particulièrement aimé la proximité avec la nature. Peu de routes sont goudronnées, nous avons donc emprunté de nombreuses pistes en forêt. Les trois pays ont des lacs magnifiques et de nombreuses infrastructures gratuites pour le bivouac. Nous avons adoré planter notre tente au bord des lacs baltes. Nous ne nous attendions pas à être aussi dépaysés en parcourant le Nord de l’Europe. Nous avons eu la chance de réellement pouvoir en profiter car nous avons passé plus de trois semaines et demie à rouler dans les pays baltes !

Lituanie

– Quelle a été la partie la plus difficile ? Si vous deviez changer quelque chose à votre organisation ça serait quoi ?

La partie la plus difficile pour nous a été la traversée de la Serbie. Cela n’a rien à voir avec le pays en lui-même, la Serbie dispose d’une variété de paysages incroyable ! Les habitants sont aussi adorables, des automobilistes se sont même arrêtés pour nous ravitailler en eau dans une montée ! Malheureusement, nous avons fait une intoxication alimentaire en Macédoine du Nord juste avant d’arriver en Serbie et nous n’avons pas été très bien les 10 jours pendant lesquels nous avons traversé le pays sur 800 km. C’est dommage car c’est vraiment un pays splendide. On y retournera, c’est certain !

Macédoine

Niveau organisation, nous ne changerions rien. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas des choses à améliorer. Par exemple, notre filtre à eau n’était pas prévu pour deux mois de voyage et nous a abandonné après seulement un mois à vélo. Nous nous sommes adaptés, en soit c’est tout le principe du voyage.

– Même s’il s’agit de l’Europe, avez-vous rencontré des problèmes aux frontières ?

La Macédoine du Nord et la Serbie sont les deux seuls des neuf pays que nous avons traversé qui n’appartiennent pas à l’Union Européenne. Les entrées y sont donc limitées. Il n’y a pas besoin de visa. Toutefois, un passeport est nécessaire. Il est tamponné à l’entrée et à la sortie de ces deux pays. Les nombres de postes de douane étant limité, nous avons dû passer par l’autoroute pour franchir la frontière de la Macédoine du Nord et de la Serbie. Et finalement, l’autoroute à vélo, ça n’est pas aussi effrayant qu’il n’y paraît ! (Dans ces pays tout du moins…)

Sur l’autoroute en Serbie

4- De manière générale :

– Quel est votre rythme lors de vos voyages ? (km, repos, heures de départ et d’arrivée…)

L’organisation de nos journées dépend de la météo. Toutefois, nous avons nos petites habitudes. Dans les pays chauds, comme en Grèce par exemple, nous nous levons très tôt le matin, aux alentours de 5h, pour pouvoir partir vers 6h30. Nous faisons une pause vers 10h et terminons notre journée à vélo vers 13h à cause de la chaleur. L’après-midi, nous nous reposons ou nous visitons l’endroit où nous poserons la tente le soir même. Nous cherchons aussi un magasin pour nous ravitailler ainsi qu’un point d’eau pour boire et nous laver. Nous commençons à cuisiner notre repas du soir aux alentours de 18h et généralement nous nous endormons vers 20h, bien fatigués.

Dans les pays au climat plus tempéré, nous nous levons vers 8h pour partir aux alentours de 9h30. Nous nous arrêtons déjeuner vers 13h. Cela nous laisse le temps de pédaler entre 50 et 75 km le matin. Nous profitons de ce moment pour trouver notre lieu de bivouac ou d’hébergement pour le soir même. L’après-midi, nous pédalons ensuite les kilomètres nous séparant de notre point de chute. Chercher l’hébergement lors de la pause de 13h nous permet de nous fixer un nouvel objectif à très court terme l’après-midi et nous aide beaucoup à avancer. En effet, nous préférons pédaler le matin !

En général, nous faisons des étapes de 70 à 90 km. Le vélo nous permet d’être libre et d’adapter au jour le jour nos étapes suivant nos envies et notre fatigue. Ainsi, certains jours nous parcourons 30 km et d’autres 140 km !

Lors de notre plus grand voyage, d’Athènes à Tallinn, nous avons fait environ une journée de pause toutes les deux semaines. Nous avions un délai assez restreint pour pouvoir traverser l’Europe à cause de nos obligations professionnelles. Dans l’idéal, pour les prochains voyages, nous souhaiterions pédaler environ 5 jours par semaine et avoir 2 jours pour visiter les endroits par lesquels nous passons.

5- Votre blog :

– Quand et comment vous êtes-vous décidés à faire un blog ?

Nous avons décidé de créer notre blog « Cyclo-Topo » début décembre 2018. Claire en avait déjà eu l’idée auparavant et disposait de temps pour s’y consacrer pleinement. Nous aimions aussi beaucoup lire les récits des autres voyageurs et lire leurs retours d’expérience.

Ce qui nous a réellement poussé à créer notre blog fut notre projet « 4 500 km à vélo d’Athènes à Tallinn ». Nous avons décidé de créer le blog au moment où nous avons fixé ce projet. Nous voulions que notre blog « Cyclo-Topo » soit la vitrine de notre projet et aussi avoir un support à présenter aux personnes soutenant notre projet. Nous avions tous les deux une petite expérience que ça soit dans la création de site Internet ou dans la tenue d’un blog. Cela nous a bien aidé !

Nous avons lancé la page Facebook et le blog simultanément fin décembre 2018. Puis de janvier à juin 2019, nous avons démarché en parallèle des partenaires pour notre projet « 4 500 km à vélo d’Athènes à Tallinn ». Le fait d’avoir un blog nous a beaucoup aidé, notre projet a ainsi été financé aux deux tiers. Aujourd’hui, « Cyclo-Topo » est un projet commun dont nous sommes particulièrement fiers et que nous souhaitons faire évoluer avec nos futurs voyages.

– Pouvez-vous nous présenter ses atouts en quelques mots ?

« Cyclo-Topo » est un blog permettant aux voyageurs à vélo de préparer leurs voyages grâce à des retours d’expérience sur des itinéraires traversant 13 pays d’Europe. Nous proposons d’ailleurs 9 tracés GPX, en accès libre, permettant de traverser l’Europe du Sud au Nord, d’Athènes à Tallinn. Ces topos sont spécifiquement pensés pour les cyclotouristes et référencent notamment les hébergements, les points d’eau, les magasins d’alimentation ou encore de cycles. « Cyclo-Topo » dispose aussi d’une base de données référençant plus de 60 blogs francophones de voyage à vélo !

Hendaye: à l’arrivée de la Vélodyssée

6- La bourse jeune cyclo-voyageur de CCI dont vous avez été lauréats en 2019 :

– Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste-t-elle ?

La bourse « Jeune Cyclo-Voyageur » de Cyclo-Camping International (CCI) est une bourse d’un montant de 1 000€ pour les jeunes voyageurs à vélo de moins de 30 ans ou les famille (parents et enfants mineurs) dont les parents sont âgés de moins de 40 ans. La bourse permet d’apporter un soutien financier aux jeunes ayant un projet de voyage à vélo de plus de 3 mois. Le voyage doit se dérouler en autonomie, c’est-à-dire sans véhicule d’accompagnement.

Accueil - Cyclo-Camping International - Le voyage à vélo

D’un point de vue pratique, le dossier de candidature doit contenir une fiche de renseignements généraux sur les participants du projet ainsi qu’un dossier permettant de présenter le projet. Tous les détails pour déposer sa candidature à la bourse « Jeunes Cyclo-Voyageurs 2020 » seront disponibles en temps voulu sur le site de CCI.

CCI nous a donc apporté un important soutien financier dans la réalisation de notre projet « 4 500 km à vélo d’Athènes à Tallinn ». L’association nous a aussi permis de rencontrer de nombreux voyageurs à vélo avec lesquels nous avons pu discuter et partager nos expériences. Nous avons aussi eu la chance de présenter nos topos lors du Festival International du Voyage à Vélo à Vincennes en janvier 2020.

CCI est un soutien très important pour nous et nous sommes infiniment reconnaissant pour toute l’aide que l’association nous a apporté jusqu’à maintenant.

– J’ai lu que Claire avait été membre du jury de ce dispositif l’année suivante. Peux-tu nous raconter cette expérience ?

En effet ! Comme notre projet a été lauréat de la bourse 2019, j’ai eu la chance de faire partie du jury de la bourse 2020. Faire partie du jury a été une expérience très formatrice. J’ai particulièrement aimé découvrir l’ensemble des projets des candidats. Le voyage à vélo permet de faire naître une multitude de projets différents et il est particulièrement intéressant de découvrir les motivations des candidats. Nous avons pu découvrir de nombreux projets inspirants.

Malheureusement la bourse « Jeune Cyclo-Voyageur 2020», n’a pas été attribuée en mars suite à l’épidémie du Covid-19 et aux incertitudes qui en résultaient.

Pologne

7- Plus loin :

– Etes-vous des blogueurs à plein temps ?

Malheureusement, nous ne sommes pas blogueurs à plein temps. En 2018, lorsque nous avons lancé Cyclo-Topo, nous étions tous les deux étudiants. Nous profitions d’une année de césure et d’Erasmus pour découvrir respectivement le canton du Tessin en Suisse et la région de Zlín en République Tchèque. Aujourd’hui, nous sommes de retour à Toulouse et sommes quasiment diplômés, Olivier en tant qu’ingénieur en aéronautique et Claire en tant que contrôleuse de gestion.

– Vous participez aussi à beaucoup de manifestations diverses pour présenter vos projets ?

En 2020, nous avons eu la chance de présenter nos topos lors de deux festivals. Le premier est le Festival International du Voyage à Vélo organisé par Cyclo-Camping International (CCI) ayant lieu à Vincennes tous les ans en janvier. Nous avons aussi présenté nos topos au festival La Roue Tourne en février 2020 à Roques-sur-Garonne près de Toulouse.

A chaque fois, nous avons été très heureux d’échanger et de découvrir les expériences des autres voyageurs. Nous avons aussi rencontré beaucoup de voyageurs à vélo qui sont nos idoles !

– Question bonus ! Si le vent me mène aux alentours de Toulouse un de ces jours, on ira se boire une bière ensemble ?

Avec grand plaisir ! Nous t’emmènerons pédaler sur le canal du midi et te ferons découvrir les merveilles de la Haute-Garonne. Toulouse est une ville magnifique qui laisse la part belle aux vélos !

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